Le Parrain, 2e partie

a.k.a. The Godfather, part II

Depuis la mort De Don Vito Corleone, son fils, Michael, règne sur la famille. Amené à négocier avec la mafia juive, il perd alors le soutien d’un de ses lieutenants, Frankie Pentageli. Echappant de justesse à un attentat, Michael tente de retrouver le coupable, soupçonnant Hyman Roth, le chef de la mafia juive.

Vito Corleone, immigrant italien, arrive à New York au début du siècle ; très vite, il devient un des caïds du quartier, utilisant la violence comme moyen de régler toutes les affaires. Seul au départ, il bâtit peu à peu un véritable empire, origine de la fortune de la famille des Corleone.

Le Parrain II propose de suivre l’exact contraire de l’histoire du premier, à savoir ici la déchéance de Michael et la prise de pouvoir de Vito, via des flash-backs. Ce procédé astucieux va surtout permettre à Coppola de poursuivre son histoire dans les ¾ du film, tout en étoffant dans le ¼ restant la vie de Vito en expliquant comment celui qui a tout déclenché en était arrivé là. Et comme dans le premier opus, les contrastes sont puissants, entre les scènes passées en Sicile et la vie de la Famille aux Etats-Unis. Dans la forme, on remarque les couleurs claires et vives qui entourent le Vito jeune, opposées au sombre de la mise en scène de la vie de Michael – dans le fond, l’on suit la famille de Michael qui disparaît peu à peu, tandis que Vito construit la sienne.

Bien que le film n’ait lieu que deux ans après, Al Pacino, s’il n’a pas la présence et le charisme de Marlon Brando, paraît beaucoup plus mur et tient fort bien son rôle, en parrain devenu méchant et prêt à tout pour protéger sa famille et poursuivre son enrichissement, dans des milieux nouveaux. Robert De Niro est lui aussi impressionnant dans sa composition qu’il tente de rendre similaire à celle de Marlon Brando, qui manque tout de même à ce film ; quel dommage qu’une apparition de ce géant du cinéma n’ait pas pu se faire dans la scène flash-back du dîner ! Scène dans laquelle Michael se retrouve d’ailleurs symboliquement déjà seul, comme il sera esseulé dix ans plus tard.

Mais si la construction est habile, les scènes-clé ne sont que des échos de ce que l’on a vécu dans le premier épisode : et notamment la fête d’introduction, ou encore les meurtres en parallèle avec les cérémonies religieuses. Le film ne fait finalement qu’approfondir la première histoire, en y mettant davantage d’émotion, les relations de Michael (avec ses frères, sa femme) étant au centre du débat – et y ajoutant un coté historique, comme par le passage à Cuba ou l’hommage aux immigrés siciliens. On y perd en revanche en histoire mafieuse pure, remplacée par la psychologie des personnages. Très fort et très profond, ce film ne peut finalement se suffire à lui-même, et ne fait que compléter, de façon certes superbe, le Parrain.

9/10

3h20 — 1974

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