Blue Velvet

Epaulée par son amie Sandy, Jeffrey, un jeune homme, mène son enquête concernant une oreille humaine trouvée dans un terrain vague. Il croise sur son chemin Dorothy Vallens, une mystérieuse chanteuse de cabaret.

Si Blue Velvet peut s’apparenter aux films Thrillers des années 50, avec son enquête et ses personnages classiques – comme la femme fatale au centre de l’histoire – on retrouve surtout ici des éléments plus dérangeants et plus fous, qui marquent l’empreinte du réalisateur.

L’intrigue policière n’est pas sans rappeler de nombreux films d’Hitchcock, notamment via des plans aussi maîtrisés que ceux du maître du suspense. Mais David Lynch y rajoute des éléments plus personnels, à commencer par l’opposition permanente de deux mondes, celui où tout est beau, modélisé par Sandy & Jeffrey, qui se demandent sans cesse pourquoi le monde est tellement étrange ; et le monde de ceux qui le rendent si étrange justement, avec cette diva déchue aux moeurs peu conventionnelles, et bien sûr le méchant Franck, sans doute le personnage le plus marquant.
Toute la force du film réside dans le génie de Lynch, qui autour de cette histoire met en place une symbolique très profonde, notamment celle concernant les insectes, présents comme représentation du monde souterrain, du monde mauvais qui terrifie l’homme ; le désinsectiseur est d’ailleurs utilisé pour l’infiltration Dorothy, et le rouge-gorge tant attendu comme symbole de paix & de joie, mange un insecte dans une fin contrefaite.
Le réalisateur sait remarquablement jouer de son film pour troubler le spectateur, d’abord plongé dans le rôle du voyeur et forcément captivé par la belle chanteuse ; puis dérangé par la folie de Franck & de ses alliés ; et enfin raillé alors que tout pourrait être paisible, dans une happy end totalement illusoire. Le tout après que le dénouement de Don et de son ravisseur soit quasiment passé au second plan…

David Lynch réussit là un chef-d’œuvre très dérangeant, rythmé par une musique envoûtante, à commencer par la très jolie chanson éponyme.
She wore blue velvet,
Bluer than velvet was the night,
Softer than satin was the light,
From the stars…

8/10

2h00 — 1986

L'avis des lecteurs :

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