Saw

Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d’une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l’un des deux doit absolument tuer l’autre d’ici huit heures, sinon ils seront abattus tous les deux…

Ils ne sont pas les premiers à endurer les situations cauchemardesques qu’un génie du crime impose à ses victimes. A travers des pièges toujours plus tordus et sophistiqués, celui-ci les oblige à faire des choix impossibles et leur enseigne le prix de la vie par le sang… La police fait tout pour le coincer mais pour réunir les pièces du puzzle, il faudra jouer selon les règles qu’il impose.

Saw, malgré son tournage rapide et son budget restreint, réussit à innover un peu le genre thriller – épouvante, un genre qui a pourtant bien du mal à se renouveler.

À partir d’une idée de base assez originale et surtout très prenante, le film démarre fort, le huis-clos et les interrogations ayant pour avantage considérable de plonger le spectateur au cœur de l’action. On se demande comme les protagonistes ce qu’ils font là, comment ils peuvent s’en sortir, et bien sur ce qui va leur arriver. Ce départ est tellement efficace qu’au premier flash-back distribuant les premières infos sur cette situation, c’est rageant de devoir quitter cette pièce glauque. C’est pourtant pour le bien de l’histoire, et dès lors, les indices sont distribués assez intelligemment.

Le film fait forcément penser à Se7en pour son ambiance sombre et ses crimes vengeurs, mais l’esprit malsain du tueur laissant mourir et/ou tuer ses victimes sans les exécuter directement, associé à l’ingéniosité des pièges, ajoute une dimension supplémentaire au film. Le coté voyeur également, avec évidemment la touche gore que cela suppose, psychopathe oblige.

Certes violent et gore, le film joue énormément sur l’aspect psychologique. Le tueur met en place un réel jeu, d’où découlent selon les victimes de comportements différents, mais toujours repoussés à l’extrême. Il est très intéressant de suivre le tout, à tel point que le spectateur devient voyeur au même titre que le psychopathe regardant mourir les gens enfermés dans une salle sans raison apparente.

L’histoire est habile, les flash-backs gênent moins au fur et à mesure lorsque l’on intègre les éléments de l’enquête, d’autant que les face-à-face sont moins parfois intéressants par la suite. Seule la réalisation (rythme rapide inutile notamment) des scènes extérieures dérange parfois, mais rien de trop grave. La musique et les lumières contribuent de plus à l’univers choquant mis en place par le maître du jeu, et l’on est inévitablement passionné par le film.

Et pour ne rien gâcher, la fin est vraiment excellente, dans le sens où tout laisse à penser qu’elle sera classique – le personnage suspect démasqué, le héros ou sa femme trouve un moyen de s’échapper – et finalement non ! Elle remet même en cause mais sans invraisemblance et avec une subtilité bien pensée, certains faits zappés trop vite tant on est pris par l’ambiance et les idées du film. Une vraie réussite du genre, originale, bien ficelée et très marquante.

8/10

1h44 — 2004

L'avis des lecteurs :

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