Ecrire pour exister

a.k.a. Freedom Writers

Erin Gruwell, enseignante novice de 23 ans, a choisi comme premier poste un lycée difficile de Long Beach. Ses élèves l’ignorent superbement et se regroupent en clans, prêts à s’affronter au moindre prétexte. L’ambiance empire au fil des jours, en dépit des efforts sincères et maladroits d’Erin pour prendre en main cette classe d' »irrécupérables ».

Un incident mineur met finalement le feu aux poudres, donnant du même coup à Erin l’occasion d’ouvrir le dialogue avec les jeunes. Avec tact et humour, en évitant d’instinct le piège du paternalisme, Erin parvient à instaurer avec la classe un vrai rapport de confiance. Pas à pas, à travers l’usage de la parole puis de l’écriture, elle accompagne ses élèves dans une lente et délicate reconquête de leur amour propre, libérant en eux des forces, des talents et une énergie insoupçonnés…

Ecrire pour exister est un film qui s’apparente plus à un téléfilm de M6 qu’à un vrai film. En effet, s’il raconte une histoire très belle, pleine de bons sentiments, il s’en contente, et cela ne suffit pas à faire un bon film.

Pour ce qui est du film en lui-même, c’est long, parfois ennuyeux, mais la musique – bien qu’elle ne plaira pas à tout le monde – colle bien à l’ambiance du film, et Hilary Swank est une fois de plus très convaincante ! Les personnages secondaires sont bien moins importants, et l’intrigue de couple que vit Erin est mise au second plan, au profit de son implication totale auprès des élèves.
Et pour finir, on arrive à une fin bien trop « happy » pour en garder une bonne impression. Plutôt que de montrer que l’intégration des jeunes est en marche, qu’ils peuvent s’en sortir et qu’ils sont plus conscients et responsables ; plutôt pour Erin que tenter d’enseigner ses valeurs à d’autres élèves en difficulté, la fin veut que la professeur se batte pour obtenir une dérogation afin de suivre ses élèves dans leurs années suivantes ! Une morale assez pathétique…

Mais surtout, le film se contente de raconter sa belle histoire, tentant tant bien que mal d’émouvoir simplement le spectateur. Sans doute le film aborde-t-il un thème trop important et trop dur (la misère sociale et le racisme) pour être traité ainsi ; d’autres longs métrages s’en sont tirés beaucoup mieux, comme Collision qui s’il n’est pas constant dans la qualité de ses histoires, se révèle être plus marquant que ce film aux adolescents trop gentils. Mieux, l’excellent American History X qui traite de façon certes bien plus violente le racisme, est incontestablement plus marquant ; c’est tout simplement un très bon film, comme ceux que l’on veut voir au cinéma. Ils ont moins de partis pris, et sont de vrais oeuvres de cinéma ; ici, le film n’a pas vraiment lieu d’être.

En fait, si l’histoire est louable, le film en tant que tel n’est pas bon. Il ressemble à une publicité, il se contente de propagande américaine, montrant de problèmes réels mais en étant trop axé sur la réussite obtenue par cette professeur. Tout ce qui s’est déroulé et qui est ici raconté mérite récompenses, mais pas une adaptation au cinéma.

1/10

2h04 — 2006

L'avis des lecteurs :

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