Sunshine

En cette année 2057, le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l’extinction de l’espèce humaine. Le vaisseau spatial ICARUS II avec à son bord un équipage de 7 hommes et femmes dirigé par le Capitaine Kaneda est le dernier espoir de l’humanité. Leur mission : faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l’activité solaire.

Mais à l’approche du soleil, privés de tout contact radio avec la Terre, les astronautes perçoivent un signal de détresse en provenance d’ICARUS I, disparu sept ans auparavant.

Un terrible accident les contraint à modifier leur trajectoire. Ils doivent désormais lutter pour rester en vie, ne pas sombrer dans la folie, mais avant tout pour mener à bien leur mission essentielle pour l’avenir de l’humanité.

Sunshine est un film de science-fiction techniquement très joli, mais qui se différencie des autres films du genre en s’attardant sur ses personnages, plus que sur ses effets spéciaux. On n’y voit pas un patriotisme exacerbé, tel Bruce Willis se sacrifiant pour sauver le monde dans Armaggedon. Pas non plus de grosses machines extra-terrestres qui envahissent la Terre dans le but de tout détruire !

Ici, l’histoire se tient, malgré quelques invraisemblances quelquefois, et le film fait la part belle aux comportements des différents membres de l’équipage, ainsi qu’à la réflexion autour de l’humanité, et de sa place dans l’univers. La réalisation est efficace, montrant souvent la beauté des effets spéciaux et des yeux de Cillian Murphy… Jouant parfaitement sur les lumières, le film est parfois très sombre, parfois très lumineux, le soleil étant le centre du film. Les sons aussi contribuent à l’ambiance, les bruits de l’espace et du vaisseau étant très bien employés.

L’histoire se base d’abord sur un choix crucial après la découverte d’un signal d’Icarus I, et à partir de là, tout sera basé sur des problèmes plus humains que spaciaux ; bien qu’un accident vienne forcément perturber la suite du voyage, la réussite de la mission passera avant tout par la force morale de l’équipage, qui devra ne pas sombrer dans la folie, privé de liens terrestres et ayant à faire face à des problèmes s’accumulant sur le vaisseau. Plusieurs choix viennent relancer le film, toujours en étant complexes et faisant débat dans l’équipage ; c’est ça qui fait la force du film, et qui plonge le spectateur dans le film, ne se contentant pas de l’éblouir d’effets visuels.

Toutes ces réflexions font du film une vraie réussite, même si la fin déroutera certains ; à l’image de son 28 jours plus tard, Danny Boyle signe une oeuvre forte dans les images dès le début du film (le Londres apocalyptique étant remplacé par l’espace et le Soleil approchant illuminant le film), puis part dans une voie qui bouscule le film (le camp militaire laissant place à Pinbacker d’Icarus I)…

Des références notables vers les films cultes du genre, des pistes de réflexion : ce film métaphysique qui, fort de l’alliance Science-Fiction / étude des comportements humains dans des situations extrêmes, aurait mérité d’être encore plus approfondi, l’heure quarante du film ne laissant finalement pas assez de temps pour aller au bout de ces bonnes idées.

8/10

1h40 — 2007

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