Raisons d’Etat

a.k.a. The Good Shepherd

Pour Edward Wilson, seul témoin du suicide de son père et membre de la Skull and Bones Society à l’Université de Yale, l’honneur et la discrétion sont des valeurs primordiales. Ce sont ces qualités qui poussent la CIA, l’agence gouvernementale qui vient d’être créée, à le recruter.

Influencé par l’ambiance paranoïaque que provoque la Guerre Froide dans toute l’agence, Wilson se montre de plus en plus suspicieux. Son pouvoir grandit, mais il a de moins en moins confiance en ceux qui l’entourent… Son obsession du travail va lui coûter cher, l’isolant chaque jour un peu plus de ses proches et de celui qu’il était…

The Good Shepherd est un film d’espionnage mettant en scène Matt Damon, agent depuis le début de la CIA, dont on suit l’histoire depuis les années 60.

Et c’est déjà là l’un des problèmes du film : d’un rythme très lent et posé, pas gênant outre mesure vu le contexte espionnage / C.I.A., l’histoire se déroule dans les années 60 mais on en cherche le point de départ à l’aide de flash-backs incessants, de la fin des années 30 jusqu’au présent du film. Pourtant, on ne voit jamais vraiment le lien que les deux histoires ont, si ce n’est le personnage central commun. Alors l’on suit la vie d’Edward Wilson, du suicide son père a sa vie de famille délaissée, jusqu’au début de l’âge adulte de son fils qui sera la lien avec l’histoire présente… mais tout cela semble bien complexe et le spectateur n’accroche jamais vraiment, trop éloigné pour comprendre tout ce qui se passe.

Alors ce qui en ressort, c’est que le film montre la suspicion omniprésente dans ce milieu, particulièrement en temps de guerre (39-45 puis crise à Cuba) et les relations extra-professionnelles difficiles que tout agent devait avoir à l’époque. Le tout est très bien mis en scène par Robert de Niro, qui s’offre un rôle dans lequel il prouve qu’il ne peut pas être à la fois devant la caméra et derrière à suivre ses propres mouvements : du coup, il joue un homme incapable de marcher ce qui facilite le cadrage ! Matt Damon a un rôle intéressant, très froid, peu loquace, mais bien interprété également ; le casting étant complété par Angelina Jolie en femme délaissée, et les seconds rôles fournis tout de même à Alec Baldwin ou Joe Pesci. Aucun problème de ce coté-là donc, mais malgré tous les efforts réalisés, on reste sur notre faim devant la longueur du film et sa complexité, se contentant de suivre la vie de l’agent sans vraiment avoir l’impression de tout percevoir comme on le devrait.

La distribution impressionne plus que le film au final, car la mise en scène est trop sobre pour faire bouger un peu de son siège. Et si le sujet est intéressant et que l’ennui ne pointe jamais vraiment le bout de son nez, cela reste un film dont a la désagréable impression qu’en y passant 2h47 attentives, on y a loupé l’essentiel, ce qui est très gênant. Un peu de folie n’aurait pas été de trop – même si le sujet ne s’y prête guère.

5/10

2h47 — 2006

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