No Country for Old Men – Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme

a.k.a. No Country For Old Men

A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer…

Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir…

Les frères Coen proposent en adaptant ce roman un drame teinté d’humour noir, mêlant western, thriller et road-movie.

Pour ce qui est de l’histoire, on en a vite fait le tour : un cowboy loser trouve un butin sur une scène de crime, il décide de fuir avec mais est pris en chasse par un tueur sanguinaire ; le tout suivi autant que faire se peut par un vieux shérif (et accessoirement un autre tueur texan stéréotypé). Dans tout cela, le personnage le plus intéressant reste Chigurh, le tueur à gages, doté d’un charisme fou, d’un sang froid inaltérable et qui dans le meilleur des cas laisse sa victime jouer son sort à pile ou face. Le contraste entre lui et le cowboy est saisissant, dans leur attitude et dans leur but respectif, survivre pour l’un, tuer pour l’autre. En marge de ces deux protagonistes qui assurent l’action, le vieil homme du titre (traduit de façon étrange et inutile, soit dit en passant) tente de jouer son rôle de shérif. Mais à arriver trop tard à chaque fois, et à ses réflexions rythmant l’histoire, on comprend très bien ce qu’il ressent, de sorte que le bilan des dix dernières minutes paraît sans grand intérêt. Tranchant trop avec le tempo jusque là passionnant (irrégulier, mais toujours dans le but d’améliorer le film), il semble vouloir justifier le film, et laisse une impression mitigée.

Mais ce qui caractérise ce film, c’est qu’il surprend en permanence. Les codes conventionnels ne sont pas respectés et c’est tant mieux, le tueur est original (psychologie, attitudes et même arme) et surtout la course-poursuite, c’est-à-dire la grosse trame du film, a des ellipses inédites. En plus de mixer les genres, le film mixe les atmosphères, du désert à un motel, des Etats-Unis jusqu’au Mexique. Et le plus original reste le dénouement de la cavale, qui n’est pas montré au spectateur, comme si les deux personnages principaux étaient trop opposés pour ne jamais apparaître ensemble sur un même plan. Le tout superbement mis en scène au milieu de paysages filmés de façon admirable et permettant des jeux de lumière impressionnants (le rouge du sang sur le sable doré, les lumières vives du désert opposées aux scènes de nuit). Les routes, le désert, ou même une course-poursuite avec un chien dans des rapides, c’est un vrai plaisir à regarder tant tout est embelli par la vision des deux réalisateurs. Avec l’humour décapant parsemé tout au long du film, ça donne une nouvelle réussite des frères Coen, et ce malgré une fin trop mélancolique dommageable.

8/10

2h02 — 2007

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