J’ai toujours rêvé d’être un gangster

L’histoire d’un braqueur sans arme dont la victime est elle-même une braqueuse, armée. Deux kidnappeurs amateurs qui enlèvent une adolescente suicidaire. Deux chanteurs qui parlent d’un tube volé. Cinq septuagénaires qui se retrouvent pour un dernier coup…

Un film fort étonnant, qui met directement le spectateur dans l’ambiance : filmé au format 4/3, en noir & blanc, il débute par le titre de sa première scène : « 1. Drew Barrymore fait penser à un hamburger ». Le décor est planté. Le film est donc une succession de quatre épisodes plus ou moins cocasses, inégaux dans leur style, leur durée et leur contenu.

Le premier, drôle, met en scène deux personnages assez désabusés dans une histoire tragi-comique, Edouard Baer étant remarquable dans son rôle et la belle Anna Mouglalis mise en valeur de façon inhabituelle mais parfaitement réussie.
Le second épisode est le plus désopilant, avec deux kidnappeurs maladroits au possible, et bavards sur leurs mésaventures. Cela offre au spectateur quelques passages cultes, truffés de dialogues excellents – au moment surtout de la géniale partie de cartes, sans doute l’une des scènes les plus drôles de ces dernières années.
Le troisième épisode est le plus bref. Il se veut une référence cinématographique une nouvelle fois, mais le comique se révèle moins efficace durant ce volet du film. Ce face-à-face n’a pas l’intensité du premier présent au début du film, et laisse vite place à l’acte suivant.
Le quatrième et dernier épisode avant l’épilogue est plus nostalgique, malgré quelques touches comiques venant l’égayer par ci par là. L’hommage à la génération d’acteurs mis en scène est sympathique, mais comme pour le volet précédent, le spectateur reste lui sur sa faim.

Le film est réalisé avec différents artifices, comme au commencement de longs plan-séquences, entrecoupés d’un flash-back muet ; suivent ensuite de nombreux jump cut, etc.. C’est là l’une des principales caractéristiques du film, Samuel Benchetrit a voulu faire de nombreuses références, dans le fond ou dans la forme : on trouve ainsi toute la palette du réalisateur qui s’amuse avec sa caméra. Malheureusement, cela ne sert pas toujours le film, et l’impression de gratuité se fait parfois ressentir : les effets utilisés paraissent plus trahir un jeu du réalisateur qu’un réel intérêt à apporter au film. Ajouté à cela une baisse de rythme dans les deux derniers parties du film, et l’exercice n’est finalement qu’à moitié réussi. Mais pour l’originalité et la qualité d’ensemble des sketchs, l’œuvre de Benchetrit conserve un charme que l’on aimerait voir plus souvent sur les écrans de cinéma.

7/10

1h48 — 2007

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