Funny Games U.S.

Ann, George et leur fils Georgie sont en route vers leur résidence secondaire pour y

passer l’été. Leurs voisins, Fred et Eva, sont déjà arrivés et ils décident de se retrouver

tous le lendemain matin pour une partie de golf. Tandis que son mari et son fils s’affairent sur leur voilier récemment remis en état, Ann commence à préparer le dîner. Tout à coup, elle se trouve face à face avec un jeune homme extrêmement poli, Peter, un des invités de ses voisins, venu, à la demande d’Eva, lui emprunter quelques oeufs. Ann s’apprête à les lui donner quand soudain, elle hésite. Comment Peter est-il entré dans leur propriété ? Les choses prennent vite un tour étrange et débouchent sur une explosion de violence.

Haneke signe avec Funny Games un film ultra-dérangeant, basé sur des interrogations sur la violence, et qui se révèle être un véritable cauchemar pour le spectateur. Et l’on sait à quoi s’attendre dès l’introduction : une route calme, une famille modèle… et soudain, « Bonehead » de Naked City. Sans raison apparente, juste pour le plaisir.

Les deux jeunes hommes en blanc seront de la même veine, certes dans un premier temps d’un calme et d’une courtoisie extrêmes, mais finalement c’est bel et bien la violence prendra le dessus, juste pour le plaisir. Un jeu barbare qui dérange et qui choque même, mais l’intelligence avec laquelle Haneke nous la présente fait de Funny Games un très bon film : car le jeu n’est pas tant celui que l’on croit voir mais celui auquel on participe, et c’est avec brio que le film « brise le quatrième mur » pour culpabiliser le spectateur – peut-être le plus avide de violence dans l’affaire.
Des petits apartés au rembobinage malsain pour encore et toujours augmenter la dose de violence, en passant par une longue séquence où le spectateur souffre avec les deux victimes laissées en plan par leurs ravisseurs, c’est bien le public du film qui est au centre de l’action. Personne ne pourra s’empêcher de parier lorsqu’on le lui propose ; alors que chacun sera gêné par le plan fixe tant utilisé par Haneke limitant l’angle de vue du spectateur ; de même, tout le monde sera agacé par ce choix de suivre le déplacement du ravisseur dans la cuisine au lieu de regarder souffrir les victimes. Cruelle vérité mise en avant par le film.

Éprouvant mais passionnant, avec une superbe maîtrise de la fiction en tant qu’interaction avec son public, Funny Games est aussi fort bien interprété par Naomi Watts & Michael Pitt, dont le regard final conclue comme un symbole un film où le spectateur est autant épié qu’il épie.

7/10

1h51 — 2007

L'avis des lecteurs :

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