La Proie

Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Avec La Proie, Valette propose un vrai film d’action français, ce qui est rare. Et sa tentative est honorable, même si le film souffre de légers défauts qui empêchent un enthousiasme plus débordant.

C’est d’autant plus dommageable que le film dispose de bonnes idées et d’une réalisation à la hauteur, chose peu commune dans le genre, en tout cas en France. Ainsi, si le scénario ne révolutionne pas le genre, la mise en scène musclée – dès le début en prison, très violent – plonge immédiatement le spectateur dans un film d’action très prenant.
Dès lors que le personnage central (Franck Adrien, braqueur) sort de prison, une traque débute et le film s’enchaîne à un rythme très élevé, de scènes d’action en courses poursuites, sans être répétitif pour autant.
Car c’est l’une des trouvailles du film, le braqueur fuyard traque son ex-compagnon de cellule tout en étant lui-même poursuivi par la police ; la « proie » du titre varie ainsi selon les séquences, mais toujours avec une efficacité redoutable.
Autre point très positif, le casting est particulièrement réussi. Si l’on ne présente plus Dupontel, l’acteur impressionne ici par les cascades qu’il a tournées lui-même entièrement. Alice Taglioni, elle-même une sorte de proie lors de l’introduction de son personnage, est crédible en flic. Et pourtant, c’est bien Stéphane Debac qui leur vole la vedette en campant un tueur en série des plus inquiétants. Son personnage – que le spectateur aura bien du mal à croire coupable tant il paraît inoffensif – est l’un des méchants les plus réussis depuis bien longtemps, et le couple qu’il forme avec sa femme donne au film une vraie force.

Malheureusement, les autres personnages secondaires – pourtant eux aussi bien travaillés – sont complètement oubliés dès qu’ils s’éloignent du centre de l’histoire. Plus généralement, le scénario est trop expéditif et si le rythme du film assure une partie divertissement sans faille, l’histoire en pâtit tant l’enquête semble aller à une vitesse peu plausible. De nombreuses pistes potentielles ne sont ainsi même pas évoquées – la femme du braqueur n’est par exemple jamais recherchée par la police.
Autre gêne propre à ce genre, la succession des scènes d’action entraînent de multiples blessures pour le héros, mais celui-ci garde toujours plus d’énergie que ses poursuivants pour s’échapper ; l’accumulation des coups pris par le fuyard devient ici rapidement exagérée.
Enfin et sans en dévoiler le contenu, la dernière scène est clairement de trop dans le film, et laisse une impression amère d’un bon long métrage qui aurait pu être un excellent film d’action sans ses multiples petites imperfections.

6/10

1h42 — 2010

L'avis des lecteurs :

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