Melancholia

À l’occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre…

Melancholia porte bien son nom : dès l’introduction, on ressent un profond sentiment de malaise. Visuellement c’est admirable, la musique classique vient accompagner l’image ralentie sans trop l’appuyer, et l’on est transporté dans un trip nostalgique incroyable.

Le film est ensuite scindé en deux parties. « Justine », la première d’entre elles, raconte le mariage de Justine et de Michaël. Un évènement a priori heureux donc, sauf que la mariée est inexplicablement ailleurs malgré la réception grandiose qui a lieu chez le mari de Claire, sa sœur qui lui est entièrement dévouée. Lars von Trier montre alors une soirée catastrophique durant lequel les familles vont se déchirer et le couple se briser – en filigrane, cela sert à dépeindre une vision bien peu glorieuse de l’homme. La soirée révèle en effet de nombreux défauts chez chacun : agacement de l’hôte, cupidité du patron de Justine, aigreur de la mère de la mariée, luxure chez le père… et plus généralement, une hypocrisie générale des invités qui continuent la soirée comme si de rien n’était. De cette pathétique compagnie, Justine n’en veut plus : elle qui d’abord s’efforce de sourire en continu, finit par se l’admettre et ce qui aurait dû être le plus beau jour de sa vie devient alors un véritable fiasco.
Le point de vue pessimiste choque, mais c’est parce qu’il ramène à une certaine réalité, même caricaturée. LVT réussit son coup.

La seconde partie, « Claire », va donner une explication à ce comportement singulier. La planète Melancholia se rapproche lentement de la Terre, et Justine est certaine que la fin du monde n’est plus très loin. Ne voulant plus faire semblant, complètement découragée, elle finit par craquer et se laisse aller. Si le point du vue de sa sœur l’influence – et reste le fil conducteur de la seconde partie du film -, Claire elle ne peut pas être en paix en se laissant ainsi abattre. D’autant qu’elle a une raison de lutter : un fils qu’elle veut voir vivre, et grandir. Melancholia aura pourtant raison de la vie sur Terre, Justine le sait.
Le choix des deux actrices est très bon, avec Charlotte Gainsbourg en battante et surtout Kirsten Dunst qu’on retrouve, magnifique en dépressive après Virgin Suicides. De plus, le cinéaste propose quelques plans particulièrement forts, en filmant un décor inhabituel lui permettant par exemple un paysage de nuit éclairée par la lune et par Melancholia, pour un jeu de lumières de toute beauté.

Si Melancholia est avant tout un drame psychologique, la tension qui en émane sur l’éventuelle apocalypse n’a rien à envier aux films catastrophe. Excessivement prenant, le film atteint d’ailleurs son apogée dans une scène finale à couper le souffle.

Aparté cannois : Lars von Trier a réussi un coup de maître avec ce film magnifique et mélancolique, même si peu porteur d’espoir en l’humanité. S’il n’a pas la subtilité d’un Terrence Malick, le réalisateur danois aurait pu espérer la Palme d’Or revenue à The Tree of Life mais sans doute ses paroles inexcusables auront-elles joué en sa défaveur. Elles auront au moins permis à Kirsten Dunst d’être justement récompensée.

9/10

2h10 — 2011

L'avis des lecteurs :

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