J. Edgar

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

Après les semi déceptions Invictus et Au-delà, Clint Eastwood s’attaque à la biographie d’un personnage complexe.

L’idée de consacrer plus de deux heures à J. Edgar Hoover se révèle être bonne, bien sûr pour la réussite de celui qui a révolutionné le F.B.I. – mais aussi et surtout pour les aspects moins connus de l’homme. Leonardo DiCaprio trouve d’ailleurs un nouveau rôle à la mesure de son talent grâce à cette personnalité peu commune.

Clint Eastwood joue habilement d’allers retours entre un J. Edgar dépeint dans ses dernières années, faisant écrire des mémoires à sa gloire – et ce même J. Edgar plus jeune et montant les échelons du pouvoir. Les multiples facettes à explorer rendent le film passionnant : tant par l’ascension impressionnante que par l’aspect mégalomane qui se développe chez le directeur du service de police. Pour arriver à ses fins, le premier dirigeant du F.B.I. a parfois des méthodes discutables, mais jamais Eastwood ne prend véritablement parti. En ce sens, le fond du film est particulièrement bien traité – même si l’on connaît les prises de positions politiques du réalisateur. Et puis en fil rouge, l’histoire d’amour reniée qui naît entre J. Edgar et son adjoint laisse sans cesse planer un mystère troublant qui contribue à la qualité de l’œuvre.
Dommage toutefois que la subtilité ne soit pas au rendez-vous, surtout sur ce dernier aspect. Trop souvent en effet, Clint Eastwood force le trait en appuyant des plans qui mériteraient d’être plus fins : sa façon par exemple de s’attarder sur un poème, musique lancinante en fond, manque cruellement de tact. À l’instar du maquillage grossier des acteurs jouant les rôles des vieillards (davantage encore pour Armie Hammer que pour DiCaprio), J. Edgar aurait finalement gagné à être mieux (moins ?) mis en scène.

6/10

2h15 — 2011

L'avis des lecteurs :

CatastropheTrop nazePas bonBof bofCorrectSympaBon filmTrès bonExcellentChef-d’œuvre (film non noté)
Loading...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *