Les Infidèles

L’infidélité masculine et ses nombreuses variations, vues par 7 réalisateurs.

Surfant sur l’énorme vague de récompenses de The Artist, mais aussi sur un buzz causé par les affiches du film, Les Infidèles permet surtout à Jean Dujardin et Gilles Lellouche de s’amuser dans un projet commun. Leur succession de sketchs est souvent amusante, piquante, impertinente, voire parfois très osée… mais forcément inégale. Au moins ont-ils eu le mérite d’assumer le choix des sketchs pour profiter de l’intensité de courts-métrages ; et éviter la lourdeur qui plombe trop souvent les films chorale, par exemple. Le format se rapproche ainsi davantage du classique Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… que du récent The Trip qui s’encombrait de transitions sérieuses mais peu à propos. Ici au contraire, les interludes sont toujours dans le registre comique, ce qui contribue à conserver un rythme assez efficace.

Le prologue de Fred Cavayé est simple mais plante le décor de manière efficace. Les stéréotypes sont de sortie, forcément, mais le comique fonctionne.
« La bonne conscience » de Michel Hazanavicius est centrée sur un Dujardin en looser pathétique – tandis que « Lolita » d’Eric Lartigau suit les aventures de Lellouche qui s’attache à une femme bien plus jeune. Ces épisodes sont peut-être les moins bons, même si le réalisateur des sympathiques Prête-moi ta main & Mais qui a tué Pamela Rose ? parvient à faire passer des émotions intéressantes en quelques plans sur Lellouche à la sortie d’une boîte de nuit. Et l’on retrouve dans ce dernier sketch un Dujardin dans un rôle de débile proche de Brice de Nice, qui lui va très bien.
« La question » d’Emmanuelle Bercot est plus sérieuse, plus amère, mais aussi plus forte. Quelques piques font mouche dans les dialogues, et il est bien entendu savoureux de voir le “vrai” couple Lamy-Dujardin se battre pour de faux. De ce “sketch”, on retiendra surtout les quelques très jolis plans sur Alexandra Lamy en plein doute, sans doute le passage du film le plus réussi – ironiquement le plus sérieux.
« Infidèles anonymes » d’Alexandre Courtès pousse la caricature à l’extrême, mais provoque inévitablement quelques fous rires – notamment à travers le personnage de Thibaud (Guillaume Canet). Sans n’avoir aucune crédibilité, ce passage fait rire en se moquant des clichés masculins.
Enfin, « Las Vegas » réalisé par Dujardin & Lellouche eux-mêmes, est une sorte de point d’orgue à ce projet : un court-métrage à l’humour gratuit, où les deux compères s’en donnent à cœur joie pour un final en feu d’artifice. Encore une fois très caricatural et à l’humour très simple, et avec quelques scènes très osées qui apportent un peu de piment au film. Au moins de quoi en faire un divertissement très beauf, mais amusant.

6/10

1h49 — 2012

L'avis des lecteurs :

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