Le prénom

Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance.
En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale… Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

Les adaptations de pièces de théâtre au cinéma, ça peut être raté (Ma Femme s’appelle Maurice), peu convaincant (Musée haut, musée bas) mais aussi réussi (Le Dîner de cons, Le père noël est une ordure). Cela dépend sans doute en grande partie de la qualité de l’œuvre originale, mais le fait de ne voir qu’une pièce filmée gâche parfois un peu le plaisir.
Le théâtre c’est l’équivalent d’un long tournage d’un plan fixe, là où le cinéma tend (trop ?) souvent à rectifier tout au montage. Ce n’est pas forcément au profit du second, puisque ça limite les risques mais réduit ainsi la qualité du jeu d’acteurs demandée. Cependant les deux genres ne s’opposent pas complètement, et les mouvements au théâtre ont une réelle importance. Et le côté théâtral d’un film n’interdit pas d’y ajouter un vrai travail de mise en scène ; voir à ce sujet le chef d’œuvre du genre : La Règle du jeu. Alors, de quel exemple est-on le plus proche ici ? Le Prénom réussit-il son passage au cinéma ?

Oui dans l’ensemble, car les acteurs sont bons, que les répliques fusent et que l’écriture rythmée fait que l’on ne s’ennuie pas même si l’on ne se défait pas de cette impression de « théâtre filmé ». Le pire étant que les quelques efforts pour s’éloigner de la pièce donnent les scènes les moins réussies : tantôt peu utiles, comme la voix-off d’introduction ou la scène finale qui rompt l’unité de lieu, ils sont même un vrai défaut lorsqu’il s’agit de surenchérir la réaction d’un personnage, avec des situations n’existant que dans son imagination débordante suite à un quiproquo. Les dialogues suffisaient pourtant à suggérer la méprise et le superflu des images ruine un peu l’effet de surprise souhaité.
Heureusement pour le reste, on retrouve les éléments efficaces du genre : de bons dialogues, portés par des acteurs convaincants, et des quiproquos plutôt bien écrits. De ces malentendus – certains viennent même de farces impliquant le spectateur, complice du blagueur, ce qui permet de varier les plaisirs – naît une vraie tension qui va raviver de vieux souvenirs et tout faire remonter à la surface, pour une dispute toujours plus forte. Ça rit, ça se moque, ça crie (mais sans être audibles depuis la cuisine…), citant même, dans la même phrase, Goldman & Edouardo.
Dans la meilleure séquence du film, les auteurs opposent deux sensibilités politiques, la gauche « bobo » et la droite « bling bling« , à travers Berling & Bruel – ce dernier jouant d’ailleurs beaucoup avec son image, ce qui le rend particulièrement intéressant. On est dans la caricature permanente, mais c’est très amusant. Les quelques révélations de la seconde partie de l’histoire sont moins pertinentes, mais au moins le tempo ne faiblit pas et le divertissement reste efficace. Sans génie, mais en s’appuyant sur une pièce originale bien écrite, Le Prénom est une comédie sympathique.

6/10

1h49 — 2011

L'avis des lecteurs :

CatastropheTrop nazePas bonBof bofCorrectSympaBon filmTrès bonExcellentChef-d’œuvre (1 note(s). Moyenne : 7,00 sur 10)
Loading...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *