Superstar

Un anonyme devient soudain célèbre, sans savoir pourquoi.

Superstar a un point de départ intéressant et assez original : un anonyme (Martin Kazinski) devient soudain célèbre, sans savoir pourquoi. Pour pas que ce ne soit trop simple, cet anonyme n’est en plus pas du tout attiré par la célébrité – le film tourne ainsi plus au drame qu’à la comédie, malgré quelques passages amusants – après une introduction pas dénuée de longueurs, mais accrocheuse, donc.

Kad Merad (Kazinski), qui n’a pas un physique que l’on qualifiera de spécialement avantageux, s’en tire très bien dans le rôle de ce Monsieur tout-le-monde. Il est d’ailleurs appréciable que cet acteur, souvent cité comme étant trop présent sur les écrans ces dernières années, joue ce rôle d’un homme refusant d’être mis sous le feu des projecteurs.
Les autres personnages, Cécile de France & Louis-Do de Lencquesaing en tête, sont un peu trop clichés, mais on pardonne ces écarts puisqu’ils sont pour mieux appuyer une critique par ailleurs plutôt intéressante.

Car Xavier Giannoli profite de son histoire pour dénoncer le pouvoir des médias, qui parviennent à créer un buzz de tout et n’importe quoi – et en ne pensant qu’à leurs profits. Il dépeint également un public qui s’emballe à une vitesse impressionnante ; en rappelant aussi que le soufflé peut retomber tout aussi vite peu après l’heure de gloire d’une « star ». Cela donne surtout lieu à quelques jolies piques sur le monde de la télévision ; le réalisateur prend notamment le temps de s’attarder sur des détails qui n’en sont plus tant tout est exagéré dans cet univers. La séquence du kleenex, montrant l’envers du décor – ou bien encore, celles sur le poids des mots, de la gaffe jusqu’aux ridicules excuses publiques, sont particulièrement bien pensées. Mieux, les quelques scènes où Kazinski autorise des tournages chez lui, malgré un contenu inintéressant au possible, sont particulièrement drôles. Tout cela est bien souvent caricatural, mais la vérité n’est sans doute pas très loin.

Le point négatif réside plutôt dans les attitudes prêtées au grand public, qui n’est pas épargné non plus. Si Giannoli montre à bon escient les dérives que l’idolâtrie peut susciter, il exagère trop son propos quant aux réactions des gens qui croisent une star dans le métro, ou dans la rue. Bien sûr, c’est cela qui donne sa consistance au film – montrer un public sans réaction excessive ne serait pas passionnant. Mais ce que le réalisateur ne montre pas, ce sont ces gens qui ne reconnaitraient même pas la nouvelle star ; et surtout tous ceux qui ne l’importuneraient pas, par timidité ou par respect. La seule personne vraiment « banale » du film reste ainsi son personnage principal, alors que la majorité des gens devraient se trouver dans cette catégorie. Les autres sont tous mis dans le même panier, tantôt trop insistants, tantôt violents, mais toujours dans l’excès.

Finalement, au-delà de son invraisemblable point de départ, ce sont bien ces stéréotypes trop appuyés qui gênent dans Superstar. Si ces abus existent malheureusement, on préfèrera largement la merveilleuse conclusion de The Truman Show, où malgré toute la passion employée pour suivre les aventures d’un anonyme devenu star contre son gré, les spectateurs savent faire la part des choses une fois l’aventure terminée, et vaquent simplement à leurs occupations.

5/10

1h52 — 2012

L'avis des lecteurs :

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