Argo

Le 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants envahissent l’ambassade américaine de Téhéran, et prennent 52 Américains en otage. Mais au milieu du chaos, six Américains réussissent à s’échapper et à se réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien. Sachant qu’ils seront inévitablement découverts et probablement tués, un spécialiste de « l’exfiltration » de la CIA du nom de Tony Mendez monte un plan risqué visant à les faire sortir du pays. Un plan si incroyable qu’il ne pourrait exister qu’au cinéma.

Ben Affleck, après deux films sérieux (Gone Baby Gone puis The Town) a réussi à se forger une belle réputation de réalisateur ; alors qu’il avait très souvent déçu en tant qu’acteur, ruinant par exemple à lui tout seul l’histoire inventive de Philip K. Dick dans Paycheck.
Vient donc maintenant Argo et son histoire incroyable-mais-vraie, de celles qu’Hollywood aime tant exploiter : le subterfuge canadien lors de la crise iranienne des otages de 1979.

Le film débute par une présentation du contexte politique, avec la prise d’otages elle-même. C’est plutôt bien mis en scène, et surtout sans trop de manipulation intellectuelle : Affleck a la bonne idée de donner aux USA leur part de responsabilité dans l’affaire, afin de coller à la réalité.
Puis la C.I.A. intervient, et on lorgne alors du côté du thriller politique genre Les Hommes du Président. On retrouve d’ailleurs quelques jolis travellings latéraux dans les bureaux de la C.I.A., semblables à ceux dont Pakula raffolait pour donner du mouvement aux journalistes du Washington Post. L’histoire, rocambolesque, est évidemment prenante. Même en en connaissant le dénouement, découvrir la réflexion qui a précédé, puis les différentes péripéties du groupe, suffit à bâtir un scénario solide. Argo n’est pas non plus dénué d’humour, surtout quand il fait intervenir les producteur & maquilleur du faux film.
Ben Affleck soigne sa réalisation et s’offre le beau rôle, qu’il tient sans trop d’artifice et avec efficacité. L’acteur/réalisateur récite ses gammes donc, et offre un nouveau film « classique ».

Malgré tout, celui-ci est un peu trop estampillé « histoire vraie », avec son carton à l’introduction et ses explications finales. Et la fin de l’histoire, très rythmée, fait trop la part belle à un montage plein de suspense qui voit les 7 fuyards échapper aux divers contrôles, à chaque fois à la seconde près. Ces quelques défauts placent une nouvelle fois le film en-deçà des attentes. Comme pour ses deux premiers opus, Ben Affleck fait un bon film ; reste encore à prouver qu’il est capable de faire quelque chose d’exceptionnel.

7/10

1h59 — 2012

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Une réflexion sur “ Argo ”

  1. C’est très bon en effet. Je ne lui aurais pas remis l’Oscar du meilleur film, mais Affleck confirme quand même qu’il sait faire de belles choses derrière la caméra. J’attends juste qu’il prenne encore plus de risques.

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