Her

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Pour son quatrième long métrage, Spike Jonze poursuit sa prise de risque permanente et signe une nouvelle œuvre atypique reprenant un thème commun à ses premiers films : la quête d’identité.

Dans son coup d’essai – coup de maître – c’est John Malkovich qui s’interrogeait sur sa personne. Plus tard, Jonze mettait en scène deux Nicolas Cage pour le prix d’un dans des rôles de jumeaux se faisant parfois passer l’un pour l’autre (Adaptation). Enfin le petit Max s’imaginait un monde plein de Maximonstres dont il était le roi. Tout cela nous amène aujourd’hui à Her, drame futuriste centré autour d’un homme un peu perdu, Theodore (Joaquin Phoenix). Celui-ci va trouver une confidente et bientôt une amante en son OS doué d’intelligence, et qui va être ce fameux personnage en quête de son identité : Samantha (Scarlett Johansson).

Comme souvent chez Jonze, l’atmosphère est assez tragi-comique. Dans Her, il y a d’abord le côté surprenant du thème – la relation intime entre un homme un système d’exploitation – qui amuse et étonne, le public bien sûr mais aussi certains personnages du film. Mais l’aspect dramatique reprend vite le dessus une fois cette originalité acceptée, là encore par le spectateur qui continue de suivre le film mais aussi par les personnages secondaires du film qui semblent tolérer (voire pour certains comprendre et adopter) ce comportement a priori déraisonnable. C’est le premier pari réussi du cinéaste.

Le second point gagnant, c’est la réflexion sous-jacente sur les relations humaines à l’heure des réseaux sociaux, et des I.H.M. devenant de plus en plus présents et intelligents : Theodore n’assume pas ses sentiments, son divorce traine… mais il ose à se confier assez facilement à son OS. Mieux encore, Jonze dépeint la névrose amoureuse dans la superbe scène du rendez-vous entre Joaquin Phoenix & Olivia Wilde, lorsque Theodore tente une dernière fois de faire une « vraie » rencontre – mais refuse finalement de s’engager dans une relation durable alors que tout semble s’y prêter.

Beau et profond, Her vaut aussi pour les choix pertinents de Spike Jonze : confier ce rôle à un acteur capable d’occuper l’écran seul, déjà ; mais le constat vaut aussi pour Scarlett Johansson dont la douce voix vient à merveille répondre au jeu d’acteur visuel de Joaquin Phoenix. Et si les scènes de relation intime entre les deux personnages sont originales et même gênantes, l’idée pertinente de laisser un écran noir avec les seules voix simulant l’acte sexuel est sans doute renforcée par le choix de l’actrice dont le spectateur connaît les formes universellement attirantes. Ou comment on plonge le spectateur dans son histoire et à la place de son personnage principal, en plein fantasme, sans ne montrer aucune image. Génial !

Alors Her est peut-être moins fou que les précédents Jonze, mais on pardonne plus facilement quand la B.O. est signée Arcade Fire.

I know you’re living in my mind
It’s not the same as being alive…

7/10

2h06 — 2013

L'avis des lecteurs :

CatastropheTrop nazePas bonBof bofCorrectSympaBon filmTrès bonExcellentChef-d’œuvre (1 note(s). Moyenne : 6,00 sur 10)
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Une réflexion sur “ Her ”

  1. Un très gros coup de cœur pour moi. Bien que futuriste, je me suis un peu retrouvé dans le personnage principal et j’ai beaucoup aimé les sensations que ce film m’as donné 🙂

  2. Personnellement j’y ai trouvé un peu de longueur, même si les acteurs sont impressionnants !
    Et effectivement la mise en scène dont parle Babou est vraiment bien trouvée !

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