Noé

a.k.a. Noah

Noé est un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

Darren Aronofsky fait un retour remarqué en s’attaquant à l’un des patriarches les plus connus, Noé, qu’il définit comme « le premier super-héros ». Idée géniale ou sujet casse-gueule ? sans doute un peu des deux. Car le thème est risqué et s’est d’ailleurs attiré les foudres de bons nombres de représentants religieux. Sans entrer dans la polémique, Noé n’est surtout pas glorieux lorsqu’il force un peu la dose sur le créationnisme.

Là où le réalisateur marque des points en revanche, c’est lorsqu’il a la bonne idée de ramener son long métrage dans ce qu’il sait faire de mieux : l’étude des personnages tourmentés. Requiem for a dream où la dépendance à la drogue ; ou plus récemment les passions exacerbées qui ont mené à leur perte les héros de The Wrestler & Black Swan : personne ne montre mieux ces travers qu’Aronofsky. Or Noé n’est pas juste un péplum de plus avec Russel Crowe, ni même une simple fable écologiste comme aurait pu réaliser – sans doute brillamment – Shyamalan.

Au lieu de cela, Noé est un film centré autour d’un personnage visionnaire mais déchiré entre sa mission divine et son statut d’homme et de père de famille. Le cinéaste a éloigné son personnage principal de celui, sans véritable défaut, décrit dans la Bible. Et c’est cet aspect humain du personnage qui va occuper la majeure partie du long métrage et surtout le sauver du naufrage : le dilemme auquel Noé fait face est passionnant et touchant, tant et si bien que l’on en oublie les défauts liés au sujet épineux qui sert de trame à l’histoire. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si finalement les animaux et leur sort sont rejetés au second plan, alors que l’on pouvait s’attendre à ce qu’ils soient le clou du spectacle dans un film narrant l’histoire de Noé.

Comme toujours dans ses films, le visuel a un rôle très important et Aronofsky nous gratifie encore de quelques jolis plans mais n’abuse pas d’effets comme on a pu lui reprocher par le passé. Les décors et les combats sont magnifiques et seule la représentation des anges déchus laisse à désirer. Fidèle au poste, Clint Mansell propose lui sa traditionnelle B.O., encore une fois sublime.

Au final, sans aller aussi loin que dans l’intimité de la passion de Mickey Rourke comme dans The Wrestler ; ni disposer de la grâce de Natalie Portman comme dans Black Swan, Noé s’en tire avec les honneurs en reprenant des thèmes communs à la filmographie d’Aronofsky. Et c’est déjà très bien.

7/10

2h18 — 2014

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