Ex Machina

Caleb, 24 ans, est programmateur de l’une des plus importantes entreprise d’informatique au monde. Lorsqu’il gagne un concours pour passer une semaine dans un lieu retiré en montagne appartenant à Nathan, le PDG solitaire de son entreprise, il découvre qu’il va en fait devoir participer à une étrange et fascinante expérience dans laquelle il devra interagir avec la première intelligence artificielle au monde qui prend la forme d’un superbe robot féminin.

Première réalisation pour Alex Garland, scénariste remarqué pour son excellent travail dans deux des meilleurs films de Danny Boyle, 28 jours plus tard & Sunshine. Ces deux longs métrages valaient le coup d’œil, autant pour la patte de leur réalisateur que pour leur histoire travaillée et sachant surprendre agréablement le spectateur. Ajouté à cela un thème prometteur pour ce Ex Machina et on obtient une attente forcément très importante…

Ici pour ce qui est de la forme – la véritable nouveauté pour Garland – le nouveau réalisateur ne s’encombre pas et épure au maximum son design, pour un rendu du plus bel effet : en signant un huis-clos dans un bunker ultra-moderne d’un génie de l’informatique, il propose des décors simples mais efficaces qui siéent parfaitement à son histoire oppressante – couplés à une B.O. électro discrète mais pertinente. Et s’adjuger les services de la belle Alicia Vikander n’est pas non plus la plus mauvaise des idées.

Mais on attendait surtout du cinéaste qu’il nous surprenne. Globalement, cela fonctionne car son histoire est prenante et surtout troublante, avec des éléments qui sonnent faux et qui sèment volontairement le doute chez le spectateur, autant que chez le personnage principal – le geek ayant gagné le droit d’interagir avec l’IA révolutionnaire. Reprenant des sujets maintes fois évoqués au cinéma, et sans aller aussi loin dans la relation homme/machine que le récent Her par exemple, Garland parvient surtout à tenir en haleine son public par des faux-semblants évidents dont on ne sait où ils vont nous mener. On se doute que le concours est bidon, que l’hôte cache des choses, que le geek va être charmé par l’IA… oui rien de nouveau, mais difficile de comprendre où se situe le vrai manipulateur, et surtout jusqu’où ira l’IA dans cette histoire. Ces éléments suffisent à maintenir une vraie tension au fur et à mesure que l’IA se développe et améliore son raisonnement.

D’ailleurs, si Boyle avait donné à Sunshine un visuel très marquant, il y avait déjà dans ce film cette volonté de réflexion poussée sur le comportement des personnages, qui finalement primait sur la surenchère d’effets spéciaux. On retrouve encore ces ingrédients dans le scénario de Garland, qui fait la part belle aux dialogues en laissant de côté l’action et les effets visuels. Si l’aspect novateur semble manquer, le malaise créé par le huis-clos et les réflexions proposées font qu’Ex Machina est un premier film très prometteur dans le genre – à la manière de Duncan Jones, un autre britannique qui avait brillamment débuté par un film SF avec Moon, il y a quelques années. On y retrouve d’ailleurs cette sorte d’isolement du héros qui contribue à rendre l’atmosphère pesante, même si ici l’ambiance se détend le temps d’une scène de danse qui vaut le détour 😮

8/10

1h48 — 2015

L'avis des lecteurs :

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