L’amour dure trois ans

L'amour dure trois ans

L'amour dure trois ansFrédéric Beigbeder

20111 h 34 min
Résumé

Marc Marronnier et Anne s'aiment, se marient, mais trois ans plus tard, après l'ennui et la jalousie, Anne demande le divorce. Marc est anéanti et s'enfonce dans les facilités offertes par son travail, critique littéraire le jour et chroniqueur mondain la nuit, avec son ami Jean-Georges, homme à femmes du milieu de la nuit, et Pierre et Kathy, ses amis libertins. Au réveil d'une tentative de suicide par pendaison après une prise d'alcool et de médicaments, Marc commence l'écriture de son roman autobiographique, L'amour dure trois ans, où il exprime toute sa rancœur envers ce grand sentiment, l'Amour. Cependant, son point de vue est ébranlé après sa rencontre avec Alice, la femme de son cousin Antoine. Marc et Alice se croisent lors de l'enterrement de la grand-mère de Marc et Antoine, et aussitôt, ils tombent sous le charme l'un de l'autre. Avec le temps et les rendez-vous, Marc et Alice finissent par devenir amants, puis Alice quitte son mari.

Métadonnées
Réalisateur Frédéric Beigbeder
Durée 1 h 34 min
Date de sortie 10 décembre 2011

Voici la deuxième adaptation d’un roman de Frédéric Beigbeder, quelques années après le surprenant 99 F. Si le romancier prend lui-même les commandes en lieu et place de Jan Kounen, on retrouve le caractère satirique et souvent trash de l’auteur dans cette nouvelle histoire transposée au cinéma. En dépit d’une fraîcheur incontestable, cet humour causait déjà l’une des réserves émises à propos de ce premier film : un côté osé qui passait en général plutôt bien mais qui sombrait parfois dans l’excès. On retrouve cette tare dans celui-ci, mais sans y trouver pour compenser l’inventivité qui faisait de 99 F une œuvre suffisamment originale pour être appréciable. Certes, Beigbeder brise de nombreux codes et tente de faire rire pour contrer les clichés de la comédie romantique – mais ses gags tombent trop souvent à l’eau. Et on retrouve également une certaine prétention propre à l’auteur. C’est d’ailleurs peut-être encore plus flagrant dans ce long métrage que dans le précédent, puisqu’il réalise lui-même l’adaptation de son roman – mais sans prendre beaucoup de risques, en s’entourant d’une équipe déjà acquise à sa cause (Canal + notamment). Pour poursuivre la comparaison, le « manège à idées » tourne cette fois à vide : le spectateur voit trop que le script vient d’un livre, avec des monologues du héros au spectateur, voire des citations du livre apparaissant à l’écran. Sans remettre en cause la valeur du livre lui-même, il est évident que son passage sur grand écran n’est pas une réussite, tant le film manque cruellement de subtilité. Par ailleurs, les personnages semblent bien superficiels et trop peu crédibles, bien que les seconds rôles soient souvent amusants. À l’heure du bilan, il reste cet aspect atypique et quelques scènes amusantes ; et deux acteurs qui ressortent du lot pour des raisons bien différentes : Louise Bourgoin, juste sublime – et l’immense Michel Legrand dans son propre rôle, qui vient conclure sur Les Moulins de mon cœur.