{"id":3496,"date":"2011-09-20T00:00:00","date_gmt":"2019-02-12T10:37:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/movies\/lapollonide-souvenirs-de-la-maison-close\/"},"modified":"2019-02-12T13:59:58","modified_gmt":"2019-02-12T12:59:58","slug":"lapollonide-souvenirs-de-la-maison-close","status":"publish","type":"movie","link":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/movie\/lapollonide-souvenirs-de-la-maison-close\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Apollonide : Souvenirs de la Maison Close"},"content":{"rendered":"<p><!--more--><strong><i>L&rsquo;Apollonide &#8211; souvenirs de la maison close<\/i> est une \u0153uvre aussi sublime que gla\u00e7ante. Ce qui frappe d&rsquo;abord, c&rsquo;est l&rsquo;esth\u00e9tique du film : dans ces d\u00e9cors luxueux et avec leurs magnifiques costumes d&rsquo;\u00e9poque, les femmes &#8211; toujours bien maquill\u00e9es &#8211; semblent sortir tout droit d&rsquo;une toile de ma\u00eetre. Bertrand Bonello s&rsquo;est bien entour\u00e9 et excelle pour mettre ses actrices en valeur, \u00e0 l&rsquo;aide de jolis plans aux jeux de lumi\u00e8re intelligents, faisant toujours ressortir le corps des femmes et\/ou leurs costumes color\u00e9s devant des fonds sombres. Chaque mouvement de cam\u00e9ra est pens\u00e9 pour faire ressortir les formes des femmes, et le film s\u2019admire comme une succession de jolis tableaux. La premi\u00e8re partie (\u00ab\u00a0au cr\u00e9puscule du XIXe si\u00e8cle\u00a0\u00bb) de l\u2019histoire montre un commerce lucratif, celui d&rsquo;une maison close o\u00f9 les clients vont et viennent sans cesse. On y d\u00e9couvre la vie routini\u00e8re de ces femmes, on y partage leurs peines et leurs quelques joies, on apprend \u00e0 conna\u00eetre la m\u00e8re maquerelle. Les clients sont pour la plupart des habitu\u00e9s, et entrent dans ce lieu de vie comme ils iraient au th\u00e9\u00e2tre. Le parall\u00e9lisme va d&rsquo;ailleurs plus loin, puisque chaque femme y joue une com\u00e9die, chaque chambre \u00e9tant lieu d&rsquo;une sc\u00e8ne diff\u00e9rente en fonction du d\u00e9sir de ces messieurs. L&rsquo;une des nombreuses bonnes id\u00e9es du film : faire jouer ces clients par des cin\u00e9astes. Tels des r\u00e9alisateurs de film, les clients avaient finalement en face d&rsquo;eux des actrices \u00e0 qui ils pouvaient demander de jouer n&rsquo;importe quel r\u00f4le. On retrouve ainsi p\u00eale-m\u00eale, un peintre &#8211; visiblement grand admirateur de \u00ab\u00a0l&rsquo;Origine du Monde\u00a0\u00bb &#8211; un fan de champagne ou un mordu des poup\u00e9es. Mais bien s\u00fbr, derri\u00e8re le maquillage et les sourires de fa\u00e7ade, la r\u00e9alit\u00e9 est bien difficile. Le spectateur peut le deviner d\u00e8s la sc\u00e8ne d&rsquo;introduction, qui revient mont\u00e9e d&rsquo;un point de vue diff\u00e9rent par la suite : quelque chose s&rsquo;est pass\u00e9 avec ce client qui fait tant peur \u00e0 l&rsquo;une des femmes, Madeleine. Celle-ci se fait agresser, et sa cicatrice ind\u00e9l\u00e9bile fait d\u2019elle un monstre de foire qui n&rsquo;est pas sans rappeler le Joker (de <a href=\"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/movies\/batman\/\"><i>Batman<\/i><\/a>)&#8230; ce qui attirera d&rsquo;autres hommes avec d&rsquo;autres fantasmes. Autre s\u00e9quence effrayante : celle de l&rsquo;examen m\u00e9dical que les femmes doivent r\u00e9guli\u00e8rement subir. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, aucun moyen de contraception, ni de protection contre les maladies. Le plus cruel \u00e9tant que les femmes s&rsquo;inqui\u00e8tent peut-\u00eatre davantage pour leur travail &#8211; et du fait de ne plus pouvoir s&rsquo;acquitter de leurs dettes &#8211; que pour leur sant\u00e9. La seconde partie (\u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;aube du XXe si\u00e8cle\u00a0\u00bb) montre la fin de cette maison de luxe, devenue trop tax\u00e9e pour rester rentable. \u00c0 l&rsquo;image des fleurs qui se fanent, la maison close est une simple entreprise en crise. Comme si le triste destin de ces femmes n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pas suffisant, elles risquent de se retrouver dans un bordel plus sauvage encore. Bonello a pris quelques orientations salutaires, comme celle de ne pas \u00eatre racoleur, en sugg\u00e9rant beaucoup de choses finalement inutiles \u00e0 l\u2019image, et notamment les actes sexuels. Le film n\u2019en reste pas moins tr\u00e8s d\u00e9rangeant, surtout avec cette sc\u00e8ne d&rsquo;agression qui, hantant l&rsquo;esprit de la victime et ayant consid\u00e9rablement boulevers\u00e9 la vie de la maison, revient souvent \u00e0 l&rsquo;image. Au-del\u00e0 de la nudit\u00e9 \u00e9videmment tr\u00e8s fr\u00e9quente, le r\u00e9alisateur en montre rarement trop, se contentant d\u2019\u00eatre cru sans \u00eatre voyeur, et toujours avec une image remarquable. Le fond et la forme sont ainsi diam\u00e9tralement oppos\u00e9s, mais finalement en parfaite ad\u00e9quation avec ces femmes : elles doivent \u00eatre d&rsquo;apparence les plus attirantes possible malgr\u00e9 leur pauvre sort, alors <i>L&rsquo;Apollonide<\/i> utilise sa beaut\u00e9 comme cache-mis\u00e8re de la cruelle v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;il d\u00e9crit. Autre choix os\u00e9 mais pertinent, la jolie bande-son anachronique \u2013 comme pour cette sc\u00e8ne de danse sur \u00ab\u00a0Nights in white satin\u00a0\u00bb&#8230; Enfin, vient cette s\u00e9quence finale, celle du XXI\u00e8me si\u00e8cle, plus d\u00e9rangeante. Grain de l&rsquo;image grossier, cam\u00e9ra maladroite : l&rsquo;opposition souhait\u00e9e avec la mise en sc\u00e8ne d&rsquo;\u00e9poque est \u00e9vidente. Le message du r\u00e9alisateur l&rsquo;est moins. D\u00e9noncer la situation des femmes toujours exploit\u00e9es ? Regretter le temps des maisons closes ? Pour avoir \u00e9voqu\u00e9 les dangers des maladies jusque dans les \u00e9tablissements les mieux entretenus, et globalement admirablement reconstitu\u00e9 sans parti pris cette \u00e9poque pas plus glorieuse, Bonello et son <i>L&rsquo;Apollonide<\/i> m\u00e9rite qu&rsquo;on lui laisse le b\u00e9n\u00e9fice du doute et qu&rsquo;on salue son \u0153uvre.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"featured_media":3914,"template":"","actor":[10395,10396,8588,5399,10393,10397,10394,5393,10398],"collection":[10399],"genre":[2671],"class_list":["post-3496","movie","type-movie","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","actor-adele-haenel","actor-alice-barnole","actor-celine-sallette","actor-esther-garrel","actor-hafsia-herzi","actor-iliana-zabeth","actor-jasmine-trinca","actor-noemie-lvovsky","actor-pierre-leon","collection-bertrand-bonello","genre-drame"],"acf":[],"uagb_featured_image_src":{"full":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ.jpg",1400,2100,false],"thumbnail":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ-200x300.jpg",200,300,true],"medium_large":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ-768x1152.jpg",768,1152,true],"large":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ-683x1024.jpg",683,1024,true],"1536x1536":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ.jpg",1024,1536,false],"2048x2048":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ.jpg",1365,2048,false],"neve-blog":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ.jpg",413,620,false],"rpwe-thumbnail":["http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/znUzmTEHKpbgXzMSF5DD08guWjZ-45x45.jpg",45,45,true]},"uagb_author_info":{"display_name":"Babou :)","author_link":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/author\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":null,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/movie\/3496","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/movie"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/movie"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3914"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3496"}],"wp:term":[{"taxonomy":"actor","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/actor?post=3496"},{"taxonomy":"collection","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/collection?post=3496"},{"taxonomy":"genre","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.balie.me\/WordPress\/wp-json\/wp\/v2\/genre?post=3496"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}